La veille de l'indépendance commençait très mal, moi ,j'étais au ciel,je ne savais pas ce qui se passait ici-bas. Alors, je ne naquis pas sous une bonne étoile .Mon enfance était surtout les jeux , « la caraossa « ,les dehors en, été ,les dedans en hiver .J'avais froid mais l'amour de mes parents me réchauffait le c½ur quand même. A l'époque c'était Boumediene,un gentil monsieur Mais pour un enfant un type gentil c'était surtout celui qui donnait des bonbons ,et Boumediene ,lui, n'en donnait pas ,il donnait des discours .A l' école ,j'apprenais mon alphabet,mes tableaux de calculs,les coups c'était quelques fois seulement tant j'étais studieux .Mon père me disait qu'il fallait étudier pour garantir un bon avenir , mais arrivé à cet avenir ,qui est maintenant,les choses tournent mal .Bien sur, pas pour tout le monde. Je meurs de misère comme la majorité de mes compatriotes, mais il y a des types qui vivent bien,ils sont tellement blancs à croire qu'ils se sont douchés avec du lait .Nous ,les pauvres ,on reste comme des corbeaux ,on s'est douché avec de l'huile de cade ,on le boit quelques fois...alors la faute c'est pas au gouvernement ,il fallait bien choisir son shampooing. le gouvernement ,c'est autre chose,il y a des types qui disent gérer nos affaires ,nos finances,mais ils se les réservent pour eux ,et autant que bons musulmans autant commencer par soi-même.. Nous ,on peut attendre .ça pourra durer ,on sera bien morts avant cela mais d'ici –là ,j'ai des plans dans ma tète .Changer de pays , aller loin,ceci est mon rêve ,mais monsieur le consul de France en a bien marre de nos pleurs. Il y a parait-il plus de 500 mille histoires à faire pleurer ,à dormir debout ou par terre qu'on lui envoie par an ...ça paye pourtant bien d'écouter nos confessions ,nos désirs ,car ils coûtaient bien 60 euros...et à la fin il répond par un petit –non- froid, à faire rougir ,mais après tout c'est de chez lui qu'il s'agit et la clé c'est dans sa poche,autant lui plaire et ça c'est pas la beauté c'est la chance. Je dis tout cela à maman et à chaque fois elle me dit qu'une gaouria me volera un jour et je mourrai à cause d'elle mais je lui dis qu'on meurt bien d'autres choses avant de crever entre les mains de cette nana. les harragas ,ça existe,ces types qui font mal au c½ur , c'est comme le pirate des caraïbes , Ils ne craignent pas la mer ...ils la prennent en pensant à leurs mères et quand on se font prendre ils meurent de honte,car les harragas meurent de honte et avec eux c'est toujours les sentiments. Il parait aussi que le type des affaires religieuses a déclaré que ces messieurs iront en enfer. je présume que lui ne sera jamais un harrag , vivant si bien, et il ira bien entendu au paradis ,les anges là-bas d'après lui doivent bien choisir. Tout le onde rêve de ''frança'' même Mébarek un ami rescapé du bleu blanc rouge. Après sept ans , on le débarque un joli matin ,c'est comme les exécutions ,c'est toujours le matin Il se dit qu'il a quand même passé la guerre là-bas ,mais les flics français ont d'autres chats à fouetter et d'autres harrags à ramener au bled. Las d'être là ,il me raconte toujours ses cauchemars nocturnes...il faut dire qu'il ne rêve plus ,je lui dis que c'est à cause des pois chiches mais sa maman lui dit que c'est à cause du mauvais oeil , mais il est convaincu que
ça lui vient de la France. Bon Dieu, un type ça change rien au drapeau français, Sarkozy devrait lui répondre que ça faisait une tache et on doit toujours laver son drapeau. Pas de commentaires, quelques fois, je lui parle de papa qui lui , qui a crevé, pas comme nous, mais pour de vrai. Après trente cinq ans de carrière, dans une carrière on le laisse mourir, c'est ingrat ce bled , je rappelle ses conseils sur l'avenir je souris un peu ,je lui disais pas qu'il avait tort, je le laissais penser qu'il a servi son pays et même quand il mourrut on dit de lui qu'il était un « zouffri » honorable car même les « zouffris » ont besoin d'honneur, et cet honneur à de défaut de donner des vitamines comme la viande , ça donne une bonne raison de mourir. Dans ce pays on meurt car on a pas bien mangé et d'autres , d'avoir trop mangé . Je reste dans mon appart , une « sadaka » de l'état , c'est de la chance de loger gratis car la maison et la tombe c'est gratis chez nous , et entre les deux on doit payer car trop bon trop con . je reste dans ma chambre , avec des gens , sur moi, à droite , à gauche , en bas , on se partage tout , de la loubia , des affaires familiales , jusqu'aux rêves et cauchemars car les anges en descendant vers moi passent quand même chez eux , étant plus haut , et c'est bien gentil de laisser quelque chose en passant , question d'aimabilité . le ciel est blême , Mébarek et moi, on s'apprête à s'en aller car nos tombes à nous c'est pas dans ce bled , mais plutôt des carrés entourés de pelouse coté père La chaise , on ne regrette rien , le regret c'est pour les femmes comme dit ma mère . Un de ces jours , on verra l'Algérie derrière , un derrière qu'on doit laver comme tout bon musulman.
BOUNASLA Mébarek Rachid
ça lui vient de la France. Bon Dieu, un type ça change rien au drapeau français, Sarkozy devrait lui répondre que ça faisait une tache et on doit toujours laver son drapeau. Pas de commentaires, quelques fois, je lui parle de papa qui lui , qui a crevé, pas comme nous, mais pour de vrai. Après trente cinq ans de carrière, dans une carrière on le laisse mourir, c'est ingrat ce bled , je rappelle ses conseils sur l'avenir je souris un peu ,je lui disais pas qu'il avait tort, je le laissais penser qu'il a servi son pays et même quand il mourrut on dit de lui qu'il était un « zouffri » honorable car même les « zouffris » ont besoin d'honneur, et cet honneur à de défaut de donner des vitamines comme la viande , ça donne une bonne raison de mourir. Dans ce pays on meurt car on a pas bien mangé et d'autres , d'avoir trop mangé . Je reste dans mon appart , une « sadaka » de l'état , c'est de la chance de loger gratis car la maison et la tombe c'est gratis chez nous , et entre les deux on doit payer car trop bon trop con . je reste dans ma chambre , avec des gens , sur moi, à droite , à gauche , en bas , on se partage tout , de la loubia , des affaires familiales , jusqu'aux rêves et cauchemars car les anges en descendant vers moi passent quand même chez eux , étant plus haut , et c'est bien gentil de laisser quelque chose en passant , question d'aimabilité . le ciel est blême , Mébarek et moi, on s'apprête à s'en aller car nos tombes à nous c'est pas dans ce bled , mais plutôt des carrés entourés de pelouse coté père La chaise , on ne regrette rien , le regret c'est pour les femmes comme dit ma mère . Un de ces jours , on verra l'Algérie derrière , un derrière qu'on doit laver comme tout bon musulman.
BOUNASLA Mébarek Rachid